P'tain de Canard !
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Littleours déambule dans les couloirs de la rédaction... Surgit King Kong... Combat inégal... Qui de Tonton5 ou de Quintescent (qui se disputent en fin de compte la prise du canard) décidera-t-il de faire empailler la tête de son ex-collègue décédé et de la faire trôner sur un pan du mur du journal ? Ou le chef vendra-t-il sa peau pour acheter des nouveaux ciseaux pour le service bricolage ? Chose est sûre, de là où il sera ne comptez plus sur littleours pour répondre à ces graves interrogations...
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Houlala ça commence à sentir le moisi ici... Pire que le corps de la rédac chef ! Ici, bientôt, un nouvel épisode...
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Je la déteste.
Résumé des épisodes précédents : Estelle Jerkzinwskwaïa, ennemie jurée mortelle de Miladee, se pointe à la rédaction du journal, pour effectuer son stage de reporter photo. D’habitude, je suis du genre« j’assume, et si t’es pas content, je m’en bats les couettes et d’abord,c’est celui qui dit qui l’est et mon père c’est un gendarme ». Bonj’arrive en retard, j’ai du mal à me coiffer, mes vêtements sont plutôt originaux, et j’ai une propension légendaire à me ridiculiser. Mais j’assume tout : mes gaffes, mon look, mes vieux cd des Backstreet Boys (même si des fois j’ai quand même du mal). Mais, là, c’était plus possible. Ce n’était pas tant le fait que cette pétasse d’Estelle Jerkzinwskwaïa, bardée de diplômes et avec une plastique qui correspond parfaitement aux critères de beautés totalement arbitraires par notre société contemporaine qui m’agaçaient. Et je n’en avais pas grand-chose à faire de l’attention que ces veaux libidineux portaient à cette greluche prétentieuse, mégalomaniaque et venimeuse, car, comme énoncé précédemment, ce ne sont que des veaux… Et d’abord moi aussi, si mesparents étaient millionnaires, j’aurais eu les moyens de me faire refaire lapoitrine ! Sauf que je ne l’aurais pas fait parce que je ne suis pasquelqu’un de superficiel et influençable, comme elle. Ha ! Bref, tout ça pour dire que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est quand je l’ai vu en train d’embrasser langoureusement l’élu de mon cœur, Andrew Picard. C’était comme dans un film au ralenti (avez-vous déjà remarqué comme le ralenti accentue les tensions dramatiques de la vie quotidienne ?) : à la fin de la journée fatidique où j’ai découvert avec horreur que la donzelle s’était tapé l’incruste sur MON lieu de travail, dans l’espoir incohérent, mais en même temps bien fidèle à sa conception dorée du monde, qu’y faire un p’tain de stage de reporter photographe la propulserait immédiatement dans la sphère du journalisme professionnel de haute volée, avec un prix Pulitzer évidemment… Où en étais-je ? Ah oui, donc à la fin de la journée, plutôtabattue, je dois le dire, je sortais de l’immeuble de la rédac’, à la suite decette peste entourée de son nouveau fan club. Et là, j’ai vu Andrew Picard, qui attendait sur le trottoir, et je me suis demandée ce qu’il foutait là etcomment il faisait pour être aussi craquant. Et puis bon, je l’avoue, j’ai pensé qu’il était venu pour moi. Je me suis donc dirigée vers lui, en faisant ma belle, vous voyez le genre : cheveux dans le vent, regard à la fois complice, sexy et distant (très, extrêmement même, n’ayons pas peur des mots etdu ridicule, difficile à faire : comptez des mois d’entraînement quotidien devant une glace, et un séjour de deux mois au monastère bouddhiste de Xing Chang, au Tibet, à droite après le feu et la quatrième à gauche), démarche décontractée mais classe, et sourire timide. Malheureusement, je fus coupée dans mon élan : Miss Estelle Pétasse Jerkzinwskwaïa s’était jeté dans ses bras pour l’embrasser langoureusement. Alors, oui, bon, je ne l’aimais déjà pas avant cet épisode pour le moins difficile à supporter. Vous vous demandez sans doute pourquoi ? Non ? Allez si, je suis sûre qu’au fond de vous, vous sentez brûler la flamme malicieuse et persistante de la curiosité. Ben tant pis pour vous, parce que je ne vous le dirais pas. En rentrant chez moi, j’étais super déprimée. J’ai commencé par la phase : « de toute façon je suis trop moche, j’ai été trop bête pour me faire des idée, elle est carrément plus belle que moi » et patati et patata. Mais je me suis ressaisie vite fait. On ne jouait pas dans la même catégorie, on n’était pas comparable. Je me regardais dans un miroir. Ouais. Moi aussi, je pouvais faire le poids dans sa catégorie. Et je sais pas pourquoi, j’avais même pas bu, j’ai décidé de le prouver au monde entier. C’est ainsi que le lendemain, jeme présentais transfigurée au bureau de la rédac, comme vous le savez :tailleurs, bas, chaussures niquentlespieds, maquillage de star… Tout letralala. Et bizarrement, tous les collègues mâles qui m’avaient à peine jeté un regard avant, commencèrent à me tourner autour, à me proposer des cafés, de l’aide pour mon article, un verre samedi soir. Deux personnes restèrent de marbre : Quintescent (mais je ne m’étais pas attendu à autre chose) et l’autre conne, là. Qui en a même profité pour sous entendre que mon maquillage était vulgaire, qu’on voyait bien que je ne savais pas marcher avec des talons, que mes bas était filé à la cheville, que mon tailleur était mal coupé et que c’était normal parce que a) c’était du prêt à porter et b) de mauvaise qualité. Euh attendez … J’ai dit qu’elle l’avait sous-entendu ? En fait non, elle m’a regardé d’un air méprisant pendant la réunion quotidienne de la rédac, elle a déballé tout ça pêle-mêle devant tout le monde, sur un ton de pédagogue, de sa voix sucrée, patiente, pour les attardés mentaux. Ce qui a l’air d’avoir particulièrement réjoui Littleours, qui la regarde désormais avec adoration et ne lui propose plus de café. A dire vrai, je ne m’attendais à sa réaction, alors je me suis contentée de balancer un sourire passe partout (en espérant qu’il ne laissait pas transparaître trop de crispation et d’envies homicidaires violentes et très difficilement contrôlable), genre la bave du pékinois n’atteint pas la blanche neige, où un truc du même style. C’est alors que le facétieux destin, qui semblait penser ne pas avoir rempli son quota d’ironie dangereuse pour mon équilibre - que dis-je – mon hygiène mentale, décida de frapper à nouveau. Vers la fin de la journée, alors que je finissais en grandes pompes mon article sur le développement de l’utilisation des brosses à dents électriques (en osant un parallèle audacieux sur l’utilisation de ces appareils démoniaques et la personnalité psychotique de leurs propriétaires), tonton5 s’est pointé à mon bureau, l’air gêné. Tonton5 [embarrassé] : Euh…Mimile ? Moi [encore dans le feu de l’inspiration] : Ouais, Dude ? Tonton5 : C’est plus la peine que tu te presses ton article… Littleours a écrit un article super et Quinté veut le caser à la place du tiens … Moi : Pardon ?? Tonton5 : Il a dit que tu pourrais le caser dans la prochaine édition… Moi : Bon ok… Je le finis vite fait là, et on le passe dans le numéro suivant... C’est coolax, du taf en moins ! Dans les cinq minutes, mon article était bouclé. J’ai relu pour les fautes, je l’ai fait passer à la correction… Prêt à être publié. Je m’en retournais donc chez moi du pas léger et déterminé de celle qui avait accompli, et très bien accompli, un devoir sacré. Ce n’est que le lendemain, à la lecture du canard, curieuse de prendre connaissance du chef d’œuvre de Littleours (de quoi cela pouvait-il parler ? De l’épilation des sourcils au scotch de déménagement ?), que je vis que mon article avait été publié. En première page. Au nom d’Estelle Jerkzinwskwaïa. Lentement, très lentement, je m'assis dans les escaliers de l'immeuble de la rédac'. Le calme avant la tempête, quoi. Alors qu'une foultitude d'idées de vengeance impitoyable, sanglante et digne, envahissait mon esprit, j'entendit quelqu'un me demander si ça allait. Le quelqu'un en question, c'était Elodelu, la responsable du courrier du coeur. Qui de mieux indiqué pour raconter mon histoire ? En plus elle était cool. Une chance. Lorsque j'eu fini mon récit, elle me dit "M'étonne pas de cette pétasse. Moi non plus je peux pas la blairer."
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Tout va bien
J'ai été aux toilettes, ça m'a fait du bien.
Ensuite, ben rien. Comme d'habitude, j'ai fait semblant de m'intéresser aux sujets pour lesquels j'avais expliqué, afin d'être engagé, avoir une envie dingue et qu'on m'avait donc directement attribué... (La motivation paie toujours et pour arriver à mes fins, je suis motivé). Je ne sais plus qui m'avait attribué ces sujets d'ailleurs, Quinté ou Tonton, je les confonds toujours... Ces détails ne m'intéressent pas. Disons qu'en tout cas c'était pas une femme et évidemment pas la gamine (jamais je ne l'appellerai Mimile, quelle bande de tarés) qui est arrivée il y a peu de temps puisque c'est moi qui ait fait en sorte qu'elle se retrouve chez nous.
Enfin, c'était une journée de plus. Ou de moins, si on considère que mon action décisive et terminale se rapproche...
Ne croyez donc pas que je sois du genre bosseur-sérieux, non je joue ce rôle parce que sinon mes accents et airs psychopathiques dénonceraient ma personnalité du même tonneau... Enfin, à la rédac', j'ai de toute façon pas affaire à des sherlock holmes, ils se rendent rarement compte de quoi que ce soit... Souvenez-vous qu'ils ont mis plusieurs années avant de retrouver le corps de Laurane qui était pourtant simplement en train de moisir dans son bureau, pas loin...
Qu'est-ce que je disais... Ah oui, ça semblait être une journée normale, quoi. La femme (ou "fafame" comme il m'excite de les appeller en mon for intérieur) du jour était semble-t-il une future-nouvelle collaboratrice, enfin j'en sais rien, je ne lis plus qu'à moitié les notes de service émanant de la hiérarchie (pour des raisons logique, je sais ce qui est bon et bien et cette hiérarchie est con comme de la mauvaise bière belge...)
Estelle Machinska était trop bonne pour être honnête, je l'ai senti tout de suite. J'ai eu du mal à masquer mes 'habitudes' mais tout le monde n'y a vu que du feu (un peu comme celui qui avait pris au niveau de mon entre-jambes et également au niveau de ma cervelle). Ouai, trop bonne pour être honnête, je me méfie un peu... Enfin bon... Je m'occuperai éventuellement de ça plus tard...
Ensuite la gamine est arrivée et j'ai bien ri en voyant les éclairs dans ses yeux, j'aime ces élans d'excitation... Ca promettait...
J'ai pas écouté leur dialogue, j'essayais de masquer mes tics (ça devenait vraiment difficile) mais il me semble qu'il était question de boulettes de viande...
Pour me calmer j'essayais aussi de réfléchir à ce qui éventuellement pouvait résulter et m'échapper parmi tous ces événements successifs et rapides... La réponse était claire : rien. Non, rien ne pourra m'échapper...
Pour me calmer, j'ai été aux toilettes, ça m'a fait du bien.
Tout fonctionnait presque prodigieusement, tout se passait selon mes plans. Ca a juste été un peu plus rapide que prévu, la Machinska a joué un rôle d'un genre catalyseur et c'est dès le jour qui a suivi que la gamine s'est transformée en bombe. (Je dois bien avouer que c'est une réussite aussi à ce niveau-là...)
Et tout est donc déjà prêt pour l'étape suivante. Rien que d'y penser, je me dis qu'il faut vraiment que j'aille aux toilettes, ça va me faire du bien.
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First Round
Je remonte mes chaussettes Snoopy et en profite pour me gratter le mollet. Ca commence dans une minute et je me prépare à vivre un long moment d’ennui pesant. C’est vraiment barbant ces conférences de rédaction. Surtout depuis que Quinté s’est auto proclamé rédacteur en chef. Depuis que, tout blanc et transpirant, il a dû quitter précipitamment le journal un après-midi après avoir mangé un kebab frelaté, il fait une fixette sur le respect des normes d’hygiène dans le milieu spécialisé de la restauration rapide de proximité. Je me demande si je vais hériter de l’enquête discrète chez Hong – Délice Impérial, Mauricette – Baraque à frites et sandwichs variés avant la rocade ou chez Gino& Frères. paninis en tout genre. Quinté regarde sa montre, signe qu’il ne va pas tarder à prendre la parole, quand on toque à la porte. Celle-ci s’ouvre sans attendre de réponse et, tandis que nos yeux s’écarquillent autant que nos mâchoires se décrochent, apparaît une jeune fille comme on devrait en voir plus souvent. Elle est d’une élégance suffisamment discrète pour nous en mettre plein la gueule, ses traits délicats dessinent un visage d’une beauté cristalline, ses yeux pétillants et son sourire ouvert laissent à penser que c’est une personnalité d’intelligence vive. Pour ne rien gâcher, elle a des nichons fantastiques. Je vérifie discrètement que ma braguette est bien fermée, je ne voudrais pas faire une mauvaise première impression. De l’autre côté de la table, on dirait que LittleII s’est croqué en cachette une botte complète de piments extra forts tellement il est rouge. Il a même cessé d’aiguiser son coupe-papier, c’est pour dire son trouble. Quinté est le seul imperturbable, il hausse un sourcil interrogateur sur une mine réprobatrice en direction de l’arrivante comme si elle lui proposait un sandwich huîtres-faisan-mayonnaise. Elle se présente « Je m’appelle Estelle Jerkzinwskwaïa et j’ai été … » On ne saura pas ce qu’elle a été car la porte s’ouvre de nouveau. Et de manière beaucoup plus brutale cette fois ci. Hirsute, débraillée, les yeux presque révulsés et le souffle court, Miladee fait irruption en expliquant « Désolée… retard … oublié régler réveil …bus en grève …couru … glissé dans caca … » Soudain, elle se fige et cesse net de parler. Elle vient de réaliser la présence d’Estelle. Elle se redresse l’air grave, ses yeux deviennent deux fentes étroites d’où pourrait jaillir un rayon laser tellement l’intensité du regard est grande. Nous n’existons plus, les deux jeunes femmes sont dans leur monde où il ne manque que les gémissements de l’harmonica et les grincements du rocking-chair sur lequel se balance un mexicain assoupi sous un large sombrero. Elles se toisent farouchement, c’est un concert muet de lèvres serrées où résonnent les échos d’une haine profonde. Miladee dégaine la première « Qu’est-ce que tu fais ici ? » - J’allais justement l’expliquer avant que tu nous interrompes de ta manière subtile habituelle. Je viens effectuer mon stage de photographe reporter avant de partir courir le scoop dans le monde entier, réponds Estelle avant d’enchaîner suavement : et toi ? Tu viens parfaire ta technique de préparation du café ? - Non, crache Miladee furax, je suis en stage aussi. En ce moment, je suis sur le recyclage des déchets, tu tombes bien je vais pouvoir t’interviewer. - Ca ira les filles, coupe Quinté, asseyez-vous, on a déjà pris trop de retard. A la pause café, je remarque l’amie Miladee qui boude dans son coin, je l’interpelle « Ben alors Mimile, tu nous ponds un œuf ou quoi ? C’est quoi c’te tête ? » - T’as vu tous ces cons, me réponds-elle en désignant du doigt le troupeau de mes confrères agglutiné autour d’Estelle, qui lui conseillant sur le meilleur, qui lui proposant une sucrette, qui la complimentant sur ses nibards. - Faut pas leur en vouloir, c’est dans leurs gènes, c’est l’intérêt purement journalistique face à la nouveauté. T’inquiète, dans deux jours c’est passé. - C’est ma pire ennemie. Je la déteste ! Puis elle part vers son bureau en shootant dans un gobelet vide au passage. Sauf qu’il n’était pas vraiment vide et qu’elle se fout sur le pantalon le restant de chocolat qui y stagnait. Le lendemain au moment où je monte au journal, il y a devant moi dans l’escalier une silhouette féminine du plus beau gabarit. Tailleur serré sur des hanches vertigineuses, jupe moulante sur des jambes sublime dont le galbe est souligné par des bas chair qui terminent leur chemin dans des fins escarpins du plus bel effet. Une masse de cheveux roux soyeux ondule gracieusement au rythme de la montée des marches. Tout ça sans parler du cul qui donnerait au capitaine crochet la volonté nécessaire pour se refaire pousser la main. Diantre, fichtre et sacrebleu ! Elle se dirige vers nos bureaux. On est vernis ces temps ci. Je décide d’intervenir avant la meute : « Bonjour vous ! Puis-je vous être utile ? » Elle se retourne, son visage est un enchantement, de longs cils clairs encadrent des yeux azurs qui transpercent le brouillard des âmes pour les illuminer. Un nez droit et fin sépare deux pommettes délicates où s’égayent mutinement des tâches de rousseurs malicieuses. Ses lèvres douloureusement pulpeuses sont ornées d’un rouge carmin qui brûle de mille feux. Lèvres qui s’entrouvrent sur des dents blanches et scintillantes exécutant un balais gracieux pour me dire « Ben alors ducon, tu ne me reconnais pas ? » Je suffoque, je défaille, un vertige me saisit. Cette chouette pépée, c’est en réalité cette bonne vieille Mimile. Le duel promet d'être chaud!
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Serial Dog Killer
Résumé des épisodes précédents : Après la découverte du cadavre de la rédac chef, disparue depuis 3 ans, dans son bureau, et l'arrestation du concierge hyper fan de Dallas qui lui apportait à manger tous les jours, la vie à la rédaction reprend son cours, sous la supervision autoritaire de Quintescent. Je suis la meilleure. Personne ne peut se passer de moi. La police a arrêté un dangereux criminel grâce à moi. In-di-spen-sable, je suis. Ait d'ailleurs obtenu numéro de téléphone du délicieux Andrew Picard. Bon oké c'est son numéro du boulot, et c'est au au cas où je me rappelerait de détails concernant l'agression que j'ai subit, mais c'est un début, on va pas se plaindre. Dire que sans moi, on l'aurait jamais arrêté. Je ne suis pas peu fière, d'ailleurs je crois que ... " Alors, ces idées pour le prochain numéro ? ", aboya Quinté, me tirant de mes rêves de gloire, d'argent et de promenade main dans la main sur la plage au soleil couchant avec légère brise vivifiante mais agréable dans les cheveux accompagnée de, au choix, Orlando Bloom, Andrew Picard, ou le mec qui joue le nageur dans Muriel. Tonton5 : Hé bien j'ai eu vent d'une histoire d'écraseur en série ... Vous voyez, il y'a eu dans les deux dernières semaines, 4 décès étranges de caniches : les quatres chiens ont été écrasé en traversant la route, il étaient tous blancs et avait un petit noeud rouge ridicule sur la tête... Les témoignages sont formels et concordent : à chaque fois a été accusé une mini turquoise avec des flammes oranges sur le côté. Silence impressionné autour de la table de la salle de réunion du canard. Même le seigneur Quinté semblait avoir le souffle coupé et ne trouva rien à redire. Le seul que cet exposé n'eut pas l'air d'impressionné fut Littleours. Après avoir passé la première demi-heure à proposer des cafés à tout le monde, il s'était muré dans un silence étrange, se balançant doucement d'avant en arrière sur sa chaise et se souriant à lui même en dessinant des araignées sur une feuille toute froissée étendue devant lui sur le bureau. Quand vint mon tour de parler, pour une fois je savais quoi dire : j'allais parler d'un nouveau groupe de hip hop celtique underground qui militait contre l'utilisation abusive de gel pour cheveux, avec un vrai discours, profond et engagé. J'avais obtenu une interview exclusive du groupe, en profitant du coma éthylique des musiciens, et mon papier était déjà prêt. En gros, j'avais décidé de faire une rubrique musicale dans le canard. Comme mon idée avait plu à la rédac, Quinté a pas pu me contredire.Mais je voyais bien sans ses yeux qu'il était super déçu de ne pas me filer un sujet sur le nouvelle circulaire européenne sur l'harmonisation du nombre de lentilles dans les boîtes de conserve de 250 grammes vendues dans les pays membres, et sur lesremous qu'elle occasionnait dans l'agriculture française. Par contre, quand il a vu que mon article était déjà prêt, il a annoncé d'un air heureux que j'allais filer un coup de main à tonton5 pour son reportage sur l'écraseuren série. Quelques heures plus tard, après quelques pauses café, et un déjeuner plutôt copieux chez le chinois d'en face, je me retrouvais en train d'arpenter les rues de Paysanbretonville en quête du mystérieux tueur de caniche avec des petits noeuds rougesridicules sur la tête, accompagné de Tonton5. Celui ci était fort loquace. Il me parlait du ton de celui qui savait, qui avait vécu toutes les guerres, sans jamais prendre un ton hautain. Il me donnait des conseils fort à propos et judicieux pour ma carrière journalistique, car lui même avait démarré au plus bas et avais gravi les échelons, peu à peu, grâce à la force de ses convictions. Il était fier de sa rubrique chiens écrasés, et disait sans fausse modestie avoir donné un nouveau ton aux informations canines de proximité. Chemin faisant, nous devisions paisiblement. J'en appris pas mal au sujet des membres de la rédaction, par exemple, Littleours s'épilait les sourcils avec du scotch de déménagement. Nous en arrivâmes à parler de mon intégration au sein ducanard. Moi : Ben ça va à peu près avec tout le monde... Pas vraiment d'atome crochu avec Littleours, celà dit... Des fois il me fait un peu peur, même. Tonton5 : C'est normal ça. A vrai dire je sais pas vraiment quel est son rôle dans la journal. Je crois que personne ne sait, en fait. Moi : Mais le pire, c'est avec le sieur Quintescent. Il me déteste. C'est un sale conservateur anti-jeune. Je suis sûr que c'est lui le webmaster de Rightgrrl ! Il a du naître vieux-jeu, il est tellement accroché à ... Tonton5 [prenant l'air sage] : Ah mais tu sais, il a été un pur rebel quand il avait ton âge. Ça a été l'entarteur le plus doué de sa génération ... Julien Lepers ? Jean Pierre Pernaut ? C'était lui ! Il a rabattu le caquet à plus d'un ! Moi [impressionnée] : Oh ... Je pense que je le verrais autrement maintenant que tu m'as dit ça ... Après quelques minutes de silence, la conversation reprit. Tonton5 : Tu vois là bas ce labrador ? Et bien, rien qu’à sa démarche et au lustre de son poil je peux t’affirmer que sa maîtresse s’appelle Monique, qu’elle ne lui donne pas assez de légumes, qu’elle a trois enfants, un téléviseur écran plat, qu’elle chausse du 38 et qu’elle aime le vélo et la boxe française. Ca t’en bouche un coin ça, hein petite ? Moi : Ah ouais, dude, chuis impressionnée... D'autant que c'est un caniche... Juste pour me punir, ledit fox s'approcha de moi et renifla avec insistance mes chaussures. Puis, sereinement, il ... Comment dirais-je ... Il urina sur mes pompes. Je contemplais les dégâts, ébahie. Moi : PTAINNNNNNNNNNNN ! Tonton5 [philosophe] : Ça aurait pu être pire, t'aurais pu être en tong... Oubliant mon manuel de la lady, je pris mon élan, dans le but peu louable de filer un coup de pied au iench qui me regardait d'un air narquois. Manque de bol, je le loupais et m'effondrait lamentablement sur le sol. Ce ptain de caniche avec un ridicule noeud rouge sur la tête avaitfuit sur la route, sur laquelle il s'était assis. C'est à ce moment que se produisit le drame : Une mini turquoise avec des flammes oranges sur les ailes accéléra et heurta le chien, qui fit un vol plané sur le trottoir. Une jeune femme brune seprécipita vers le chien inerte. Jeune femme brune se précipitant vers le chien inerte : Chichi ! Chichi ! Mon bébé d'amour ! Répond moi ! Tonton5 [bavant légèrement en regardant le décolleté avantageux la jeune femme] : C'est votre chien ? JFBSPVLCI [les larmes aux yeux] : Oui... Oh mon dieu ... C'est alors que tonton5 me regarda avec son regard d'acier de l'homme qui prend la direction des opérations. Tonton5 : Mimil' tu appelles un véto, moi je vais choper ce fumier ! Et là il piqua un sprint à la suite de la voiture criminelle. Moi : Euh dude ... DUDE !!! J'AI PAS DE PORTABLE ! J'AI PAS DE NUMERO DE VETO ! TA BRAGUETTE EST OUVERTE ! Mais il ne se retourna pas et traça sa route. La jeune femme avait pris les devants et avait appelé son vétérinaire. Et 500 mètres plus loin, je vis, ébahie, que Tonton5 avait tel Chuck Norrissorti le conducteur de la mini et lui passait les menottes. Je préfère ne pas savoir pourquoi il avait des menottes. Quelques minutes plus tard, la police était sur place, le véto avait amené le chien à sa clinique après avoir assuré que ses jours n'étaient pas en danger, et tonton5, un bras protecteur autour de la propriétaire de Chichi, rayonnait defierté et de fausse modestie. Jeune femme : Oh Monsieur tonton5, que vous êtes beau fort et intelligent .. Tonton5 : Oh mais non ce n'était rien... Quel est votre prénom ? Jeune Femme : Kimberley – Sue Tonton5 : Quel prénom magnifique ... Je vous enmène à la clinique vétérinaire pour prendre des nouvelles de Chichi,et après je vous paye une mousse pour vour remettre de vos émotions ... Kimberley-Sue : Oh ... Merci, monsieur Tonton5... Tonton5 : Je vous en prie, appelez moi T5. Et ils commencèrent à s'éloigner. Moi [outrée] : Hé dude ! On a un article à faire ! Tonton5 [agacé]: Ben tu le fais toute seule et tu mets mon nom en bas... Moi : Ptain t'es lourd dude ! Mais ils continuaient à s'éloigner. Moi : Dude ! DUDE ! TONTON5, BOWDEL ! FILE MOI UN COUP DE MAIN ! EN PLUS TA BRAGUETTE EST TOUJOURS OUVERTE, ' FOIRAY ! Au final j'ai quand même du taper l'article toute seule. Au début j'avais signé tonton5 et Miladee, mais Quintescent m'a fait enlever mon nom en disant que c'était pas ma rubrique. En plus L'article est passé en première page. Gni. ________________________ Merci beaucoup à Tonton5 pour m'avoir donné des idées. Que tu es fort, beau et intelligent !
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Fort de café
[Résumé des épisodes précédents : Miladee vient d’entrer à la rédaction du Canard. On découvre le cadavre de Laurane, la rédac’chef, qui sent mauvais depuis trois ans. Bienveillant, quintescent s’efforce d’accueillir au mieux la nouvelle collaboratrice. Miladee s’en prend aux plus anciens et aux plus respectés des employés du journal.] Les cheminots du dépôt de Paysanbretonville sont en grève, les cons. Du coup, je suis arrivé dix minutes en retard, et ça m’a énervé. Surtout quand j’ai vu que la petite nouvelle, miladee, en prenait à ses aises avec les horaires de travail. Arriver après moi quand je suis en retard, c’est inadmissible. J’aurais bien demandé des sanctions. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de rédac-chef, je ne vois pas auprès de qui je vais me plaindre. Casser sa pipe au milieu du travail, c’est vraiment la pire des démissions ! Connaissant Laurane, je pense qu’on ne pouvait pas attendre beaucoup mieux, mais bon… En tous cas, je vais m’arranger pour que la grève soit dans les titres, au prochain numéro. Qu’au moins, ça me serve à quelque chose de lire le journal ! Bon. Puisque Laurane a claqué, je ne vois personne de plus qualifié que moi pour reprendre cette fonction – du moins le salaire et les avantages. Pour les responsabilités, je trouverai bien quelqu’un. Il faut que je soigne mon image auprès de la rédaction. Aujourd’hui, je leur ai fait mon spécial espresso, comme j’ai appris à le faire pendant les cinq ans que j’ai passés en Italie pour attendre le scoop de la mort du pape. Ils se sont regardés stupéfaits et ravis, car c’était la première fois depuis que j’étais dans le journal que je leur offrais le café.
Je veux dire à toute la rédaction réunie, car il y a quelques personnes que j’apprécie, a qui je l’offre souvent et volontiers. Miladee a refusé. Je pense qu’elle a conclu un pacte avec littleourssanscave pour ne s’en faire offrir que par lui. Je n’arrive pas à croire qu’on puisse draguer de façon aussi éhontée alors qu’on vient juste de prendre ses fonctions. Les flics ne nous lâchent plus. Ils ont vu le café. Je n’ai pas pu faire autrement que de leur faire une tournée de café à eux aussi. Ils ont filé avec le café dans le bureau de Laurane, et ils ont fini de petit-déjeuner avec des pains au chocolat qu’ilsavaient apporté. Ils ne nous en ont pas proposé. Je leur ai demandé si ça ne posait pas de problèmes de mettre des miettes partout dans le bureau où l’incident était survenu, rapport aux indices, tout ça. Ils ont dit qu’ils avaient l’habitude et l’odeur ne les dérangeait pas. Ce n’était pas ce que je voulais dire, mais comme moi, l’odeur me dérangeait un peu, je n’ai pas insisté, je suis allé voir plus loin. Le bureau de Laurane est le plus grand de tout l’immeuble. Je l’aurais bien récupéré pour mon propre usage, mais avec cette odeur, ça ne me dit plus grand chose. Je vais proposer qu’on le cloisonne pour y mettre deux ou trois rédacteurs. Pour eux, ça sera bien suffisant. J’ai croisé plusieurs fois l’inspecteur dans la journée. On a parlé de tout et de rien. Il a l’air particulièrement passionné de la série Dallas, du Texas, du pétrole, de la famille Ewing, tout ça. Il m’a demandé si ça me disait quelque chose. Je lui ai chanté la chanson de l’univers impitoyable, dont je connais toutes les paroles, en entier, de ma voix de safrano - je crois qu’on dit comme ça. Je lui ai dit que oui, j’étais même une sorte de spécialiste, que Sue Hellen, et tout ça, je connaissais par cœur, et que Bobby n’avait plus de secret pour moi. Il m’a regardé d’un drôle d’air, en me disant qu’il reviendrait me voir plus tard. Du coup, je me suis demandé si je n’aurais pas mieux fait de feindre l’ignorance. Comme d’habitude, à l’heure du déjeuner, j’ai fait ma ronde. C’est dingue ce qu’on peut découvrir en examinant les poubelles des gens. D’ailleurs, moi, c’est presque toujours comme ça que je fais mes reportages. Ce midi, il y a eu un peu d’agitation. Je suis arrivé trop tard pour voir exactement ce qui s’était passé, mais il semble que Miladee a agressé le vieux concierge. Complètement échevelée, la bave aux lèvres, elle avait l’air de vouloir mordre tout le monde. Je me suis vraiment demandé si elle était venimeuse. Les flics ont emmené le pauvre vieux, pour prendre soin de lui, j’imagine. Cette fille est complètement folle. Il est adorable, ce vieux. D’ailleurs, c’est aussi un fan de Dallas : Je lui ai filé mon intégrale en DVD quand j’ai déménagé de Pompigny-le-Boutonneux à Estlongcourt, l’été dernier.
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